10 chiffres clés pour situer la France par rapport aux pays nordiques

Les pays nordiques fascinent notamment de par leur réussite en terme d’éducation.  

Cependant, avant de partager mes articles sur les rencontres fortes d’apprentissages et d’étonnements de ces dernières semaines, il m’est apparu nécessaire de commencer par exposer quelques éléments de contexte. En effet, je pense qu’il est pertinent de garder en tête plusieurs indicateurs économiques et sociaux pour situer la France par rapport aux pays nordiques. 

Cet article se veut simplement descriptif. 

Intégration européenne – France – Suède – Norvège – Danemark et Finlande

Parmi les pays précédemment cités, seule la Finlande est membre de la zone euro et de l’Union européenne. Cependant, la Norvège ne fait partie ni de l’Union européenne ni de la zone euro. Vous êtes perdu(e) ? Voici un tableau récapitulatif du degré d’intégration européenne de ces pays…

1- La densité de population et nombre d’habitants

Commençons par étudier le nombre d’habitants au sein de ces différents pays… Nous remarquons qu’ils possèdent moins d’habitants au sein de leur pays que dans notre capitale.

Le nombre d’habitants par pays est ainsi réparti :

2- P.I.B nominal et P.I.B par habitant

La France est la septième puissance mondiale en terme de P.I.B alors que La Norvège est le quatrième pays le plus riche du monde en P.I.B/habitant selon la BM en 2017 (la France se classe au 29ème rang.)

3- I.D.H  

L’Indicateur de Développement Humain, I.D.H., tente de mesurer le niveau de développement des pays (au delà des deux indicateurs vue précédemment).

Pour rappel, l’I.D.H se fonde sur trois critères :

  1. le P.I.B par habitant,
  2. l’espérance de vie à la naissance,
  3. et l’accès à l’éducation,

Plus l’I.D.H. se rapproche de 1, plus le niveau de développement du pays est élevé. Au niveau mondial, l’I.D.H est de 0,717.

La Norvège occupe le premier rang mondial en terme d’I.D.H alors que La France et la Finlande, situées en 21ème et 23ème position, ont un I.D.H assez proche.

Source : http://hdr.undp.org/en/composite/HDI

4- Part du P.I.B investie dans l’Education 

Les dépenses publiques en éducation sont nettement supérieures dans les pays nordiques comme le montre le tableau ci-dessous.

En 2016, La France a investi 6,7% de son PIB dans l’Educationsoit 149,9 milliards d’euros qui sont consacrés à la dépense intérieure d’éducation* en 2016. *Dépense intérieure d’éducation (DIE) : total des dépenses effectuées en France métropolitaine et dans les DOM pour les activités d’éducation (enseignement ou activités annexes : administration générale, restauration, médecine scolaire, etc.) et pour l’achat des biens et des services liés à l’éducation.

Je vous conseille cet article en complément et le tableau ci-dessous réalisé par la Banque mondiale.

5- Les recettes fiscales* ? 

Selon le dernier rapport de l’OCDE, la France occupe la deuxième place des pays les plus taxés* des pays de l’OCDE et le Danemark occupe la 1ère place.

* »Les recettes fiscales totales en pourcentage du PIB indiquent la part de la production d’un pays qui est prélevée par l’État sous forme d’impôts ».

6- Les dépenses annuelles par élève 

Il semblerait, qu’en France, les dépenses annuelles par élève soient très différentes selon le niveau d’enseignement, comme le montre le tableau ci-dessous.

Ainsi, par rapport à la moyenne des pays de l’OCDE, nous remarquons que les dépenses annuelles par élève au niveau primaire sont plutôt faibles (-15% par rapport à la moyenne des pays de l’OCDE)  alors que ces dépenses sont supérieures au lycée (+37 % dans le supérieur). 

Source : Regards sur l’éducation, 2017, OCDE  

7 – Les salaires moyens des enseignants 

Concernant les salaires moyens des enseignants, le tableau ci-dessous montre que la France est assez loin de l’Allemagne par exemple ou du Danemark.

8 – Réussite des élèves (classement PISA)

L’étude PISA est une enquête menée tous les trois ans auprès de jeunes de 15 ans dans les 34 pays membres de l’OCDE et dans de plusieurs pays partenaires. Au total, environ 540 000 élèves, représentatifs des quelque 29 millions d’élèves âgés de 15 ans scolarisés dans les 72 pays et économies participants, ont passé les épreuves PISA en 2015.

De nombreuses études, analyses et critiques ont déjà été réalisées par des spécialistes. Ne l’étant pas, je vous propose de vous diriger vers leur travaux et vers leurs études ici.

9- Indice de GINI

Pour rappel, l’indice de GINI mesure l’inégalités des revenus. Plus la valeur est proche de zéro, plus la société a une répartition égalitaire des revenus. Inversement, plus la valeur est proche de 100, plus les revenus sont très inégalement répartis dans toute la société.

« Cet indicateur montre que, avant impôts et transferts sociaux, seuls cinq pays sont plus inégalitaires que la France (l’Espagne, la Grèce, l’Irlande, l’Italie et le Portugal), deux sont équivalents (la Lituanie et le Royaume-Uni), les vingt-huit autres sont moins inégalitaires – non seulement les pays nordiques et scandinaves, mais aussi le Canada et les Etats-Unis, ou encore le Mexique et la Turquie. En revanche, après impôts et transferts, la situation est différente : seize pays sont plus inégalitaires, six sont équivalents et douze sont moins inégalitaires. » Source Gilbert Cette, économiste français. 

Selon vous, quels indicateurs vous semblent intéressants et importants d’observer ? Avez-vous d’autres sources ?

10- Le classement des pays les plus heureux

Créé par l’ONU en 2012 (et publié par le Réseau de solutions pour le développement durable (SDSN), le World Happiness Report classe 156 pays selon leur niveau de bonheur et 117 pays selon le niveau de bonheur des immigrés.

Voici les classements :

  • 1ère : Finlande
  • 2ème : Norvège
  • 3ème : Danemark
  • 9ème: Suède
  • 23ème : France (nous avons gagné huit places en un an…)

Il est intéressant de noter que la Finlande dépasse la Norvège et le Danemark par exemple alors qu’elle est plus « pauvre » (voir PIB par habitant) que les autres pays.

Concrètement, quelle est la méthodologie utilisée pour arriver à un tel classement ? Il s’agit en fait d’une série de questions qui sont posées à un échantillon de 1000 personnes environ, concernant leur propre perception de leur qualité de vie. Sur une échelle de 1 à 10, elles doivent ainsi noter :

  • la compassion,
  • la liberté,
  • la générosité,
  • l’honnêteté,
  • la santé,
  • les protections sociales,
  • et la bonne gouvernance.

L’étude examine ensuite les données en fonction de six catégories (le PIB par habitant, les aides sociales, l’espérance de vie, les libertés individuelles, la générosité et l’absence de corruption).

Ressources complémentaires